Pour ceux (temporaires ou permanents) qui sont intéressés à travailler pour leur propre compte, nous nous intéressons aujourd’hui aux indépendants. C’est un statut que de plus en plus de gens choisissent lorsqu’ils viennent s’installer au Québec.
Qu’est-ce qu’un travailleur indépendant ?
Le travailleur indépendant, qu’il exerce temporairement ou de façon continue, se distingue par le fait qu’il agit pour lui-même. Il n’obéit à aucune hiérarchie, facture ses prestations à un ou plusieurs clients, et négocie directement sa rémunération. Ce mode d’activité s’affranchit du lien de subordination propre au salariat.
Cette formule offre une latitude réelle : l’organisation du temps, le choix des missions et des partenaires relèvent entièrement de la personne autonome. Ce statut permet aussi de piloter directement ses affaires, avec la possibilité concrète de générer des profits, mais aussi d’encaisser des revers. À chacun la responsabilité de sa réussite… ou de ses pertes.
Qu’est-ce qu’une entreprise individuelle ?
L’entreprise individuelle désigne une structure composée d’une seule et unique personne : le propriétaire, qui n’est autre que le travailleur indépendant. Ici, l’entreprise et son dirigeant ne font qu’un, sans séparation juridique. Le chef d’entreprise gère donc toutes les facettes de l’activité, mais il lui reste possible de recruter du personnel ou de faire appel à d’autres indépendants, selon ses besoins.
Avantages
Ce statut présente plusieurs atouts, qui expliquent son attrait pour de nombreux travailleurs :
- Autonomie et souplesse dans la gestion quotidienne : être le seul maître à bord.
- Démarches de création et de fonctionnement allégées.
- Coûts de lancement et de gestion limités.
- Pas d’obligation d’enregistrer l’entreprise individuelle si l’activité se mène sous un nom qui comprend le prénom et le nom du propriétaire.
- En dessous de 30 000 $ de revenus imposables annuels, aucune inscription à la TPS et à la TVQ n’est requise, ce qui allège les formalités pour les petits revenus.
- Optimisation fiscale possible : certains crédits d’impôt réservés aux particuliers, et déduction des frais professionnels du revenu personnel.
Si l’on choisit un nom commercial distinct, l’inscription au registre des entreprises ou auprès d’un bureau du revenu du Québec (36 $) s’impose.
Contre
- Pas d’accès aux dispositifs sociaux des salariés : ni assurance collective, ni régime de retraite, ni avantages sociaux.
- La prospection et la fidélisation des clients reposent entièrement sur l’entrepreneur.
- D’un point de vue fiscal, ce n’est pas la solution la plus adaptée aux revenus très élevés : la société par actions peut alors s’avérer plus pertinente.
- Responsabilité totale et illimitée concernant les dettes, obligations et pertes éventuelles. En cas de difficultés financières, le patrimoine personnel du propriétaire peut être mobilisé, faute d’actifs suffisants dans l’entreprise.
Question d’organisation
Le nombre de clients, un ou plusieurs, reste libre et ne conditionne pas le statut. Il est tout aussi possible de travailler pour des particuliers que pour des entreprises. Dans ce dernier cas, la relation n’est jamais assimilée à un emploi salarié, puisqu’il n’existe pas de rapport d’autorité.
À temps plein ou à temps partiel, plusieurs manières d’exercer existent. En voici quelques-unes :
- Se positionner comme pigiste ou consultant auprès de différents clients.
- Choisir de travailler à domicile ou de louer un espace dédié.
- Intervenir à la commission (par exemple, en assurant la prise de rendez-vous commerciaux).
- Pensez à remplir les formulaires liés à la fiscalité et à conserver rigoureusement tous les reçus pour pouvoir déduire les dépenses professionnelles.
Question de facturation
Les factures s’établissent en votre nom ou au nom de l’entreprise, si celle-ci a été enregistrée sous une dénomination spécifique. La création d’une facture ne requiert pas d’outils complexes : un document Word suffit. Voici comment procéder :
- En haut à gauche, inscrivez vos coordonnées (nom, prénom ou nom de l’entreprise, adresse, téléphone).
- En haut à droite, indiquez la date d’émission et un numéro de facture unique (001, 002, etc.).
- Mentionnez ensuite les coordonnées du client, la description précise de la prestation ou le volume d’heures travaillé, et le montant total à régler.
Optez pour une présentation sobre et claire : la simplicité fait la différence.
Et les taxes ?
Tous les revenus encaissés en tant que travailleur autonome sont soumis à l’impôt personnel. L’un des leviers majeurs du statut : la possibilité de déduire toutes les dépenses liées à l’activité (par exemple : frais de transport, loyer, électricité, matériel, forfait téléphonique, Internet…). Pour cela, il est vivement recommandé de conserver scrupuleusement chaque facture et chaque reçu.
La déclaration doit se faire sans retard auprès de Revenu Québec, sous peine d’ennuis administratifs. En cas de doute, solliciter un comptable ou un conseiller juridique peut s’avérer judicieux : mieux vaut prévenir que guérir.
Attention :
- La Loi sur les normes du travail au Québec ne protège pas les travailleurs autonomes.
- Un client peut choisir d’arrêter la collaboration à tout moment. Même chose pour vous, aucune obligation réciproque ne s’impose.
- Le salaire minimum ne s’applique pas : à chacun de fixer ses tarifs avant toute mission. Les clients sont libres d’accepter ou de décliner.
- Impossible d’obtenir un visa pour jeunes professionnels avec le statut de travailleur indépendant, ce permis étant fermé. En revanche, ce statut reste accessible aux Pvtistes, mais il ne suffit pas à justifier une prolongation de séjour après la fin du permis.
- Pour découvrir comment créer une entreprise au Québec, lisez notre article consacré à ce sujet.
Se lancer à son compte, c’est choisir la liberté, mais aussi la responsabilité. Entre autonomie et incertitudes, à chacun de tracer son chemin et de donner corps à sa propre aventure professionnelle.


