Chaque année, le réflexe revient : compter les jours fériés, repérer ceux qui tombent un jeudi ou un vendredi, puis tenter de construire le planning parfait. Pour 2026, le calendrier offre plusieurs combinaisons intéressantes, mais la vraie question va au-delà des ponts. Combien de jours ouvrables 2026 compte l’année, comment les congés acquis pendant un arrêt maladie changent la donne, et surtout, comment articuler RTT, congés payés et jours fériés sans perdre un seul jour au passage ?
Jours ouvrables et jours ouvrés en 2026 : la base du calcul
Avant de poser le moindre congé, il faut savoir sur quelle base on raisonne. Un jour ouvrable, c’est chaque jour de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés. Un jour ouvré, c’est un jour où l’entreprise travaille réellement, en général du lundi au vendredi.
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Vous avez déjà remarqué que votre fiche de paie mentionne parfois des jours ouvrables, parfois des jours ouvrés ? La distinction change le décompte de vos congés. Les congés payés se calculent en jours ouvrables par défaut : 30 jours ouvrables par an, soit 5 semaines. Certaines entreprises utilisent le décompte en jours ouvrés (25 jours), à condition que ce ne soit pas moins favorable pour le salarié.
En 2026, la plupart des jours fériés légaux tombent en semaine, ce qui réduit le nombre de jours ouvrables par rapport à certaines années moins généreuses. C’est un paramètre direct pour le calcul des RTT, puisque les salariés au forfait jours voient leur nombre de RTT varier chaque année selon le nombre de jours fériés coïncidant avec des jours ouvrés.
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Congés acquis pendant un arrêt maladie : ce qui a changé
C’est l’un des angles les moins traités, et pourtant il modifie concrètement le solde de congés disponible en 2026. Depuis la réforme, un salarié en arrêt maladie non professionnelle acquiert 2 jours ouvrables de congés par mois d’absence, dans la limite de 24 jours par période de référence.
La Cour de cassation a précisé en janvier 2026 que ce plafond de 24 jours s’apprécie par période de référence, et non comme une limite globale cumulée avec les reports antérieurs. En pratique, cela signifie qu’un salarié absent plusieurs mois en 2024-2025 peut disposer en 2026 d’un stock de congés reportés plus important que prévu.
Le droit au report des congés non pris pour raison de santé est encadré par une fenêtre de 15 mois. Si vous revenez d’un arrêt long, vérifiez votre solde avant d’élaborer votre stratégie de ponts. Ces jours reportés expirent au bout de 15 mois, il serait dommage de les perdre faute d’anticipation.
Ponts et jours fériés 2026 : où placer ses congés pour gagner le plus
Plutôt qu’un calendrier mois par mois (vous en trouverez partout), concentrons-nous sur les trois fenêtres les plus rentables de l’année.
Le bloc avril-mai, le plus généreux
Avril et mai 2026 concentrent plusieurs jours fériés rapprochés. C’est la période où un petit nombre de jours posés peut générer de longues pauses. En combinant les ponts avec vos RTT, vous pouvez construire des séquences de repos qui dépassent largement la semaine classique.
Le principe est simple : chaque jour férié tombant un jeudi ou un mardi crée un pont naturel. Poser le vendredi ou le lundi qui sépare le férié du week-end transforme un week-end de 2 jours en pause de 4 jours, pour un seul jour de congé dépensé.
Novembre-décembre : la deuxième fenêtre stratégique
La fin d’année offre une autre possibilité intéressante. Le 11 novembre et les fêtes de fin décembre permettent de construire des pauses prolongées. C’est aussi la période où beaucoup de salariés doivent solder leurs congés restants avant la fin de la période de référence.
- Vérifiez combien de jours de congés et de RTT il vous reste à poser avant la clôture de votre période de référence (souvent le 31 mai ou le 31 décembre selon l’entreprise).
- Identifiez les jours fériés qui tombent en milieu de semaine et posez le jour intermédiaire en priorité.
- Coordonnez-vous avec votre équipe tôt : les créneaux les plus avantageux partent vite, et l’employeur peut refuser un congé pour raison de service.

RTT 2026 : le nombre varie, et votre convention collective compte
Pourquoi deux collègues dans la même entreprise n’ont-ils pas toujours le même nombre de RTT ? Parce que le calcul dépend du mode d’organisation du temps de travail.
Pour un salarié au forfait jours, le nombre de RTT résulte d’une soustraction : on part du nombre total de jours dans l’année, on retire les week-ends, les jours fériés tombant un jour ouvré et les jours de congés payés. Le solde donne les jours travaillés, et la différence avec le plafond du forfait (souvent 218 jours) donne les RTT.
Pour un salarié en heures, le calcul part du volume horaire hebdomadaire. Si vous travaillez 39 heures par semaine au lieu de 35, les heures au-delà de 35 se transforment en jours de RTT sur l’année. Le nombre de RTT peut varier d’une année à l’autre selon le positionnement des jours fériés dans la semaine.
Votre convention collective ou votre accord d’entreprise peut aussi prévoir des règles spécifiques : certains accords fixent un nombre forfaitaire de RTT indépendant du calendrier, d’autres laissent le calcul fluctuer. Consultez votre accord de branche avant de planifier.
Congés dès l’embauche et stratégie pour les nouveaux salariés en 2026
Si vous arrivez dans une entreprise en 2026, sachez que les congés payés peuvent être pris dès l’embauche, sans attendre la fin d’une période d’essai ou d’une première année complète. Cette règle, encore mal connue, change la donne pour les salariés qui démarrent un poste au printemps et veulent profiter des ponts de mai.
Les congés sont utilisables au fur et à mesure de leur acquisition. Concrètement, après un mois de travail, vous disposez de 2,5 jours ouvrables. Rien n’empêche de les poser immédiatement, sous réserve de l’accord de l’employeur.
- Demandez votre solde de congés dès le premier mois pour savoir de combien de jours vous disposez.
- Si vous arrivez en mars ou avril, vous pouvez avoir assez de jours pour profiter d’un pont en mai.
- Les RTT ne s’appliquent que si votre contrat ou votre accord d’entreprise le prévoit : vérifiez votre convention collective.
Articuler congés, RTT et ponts sans mauvaise surprise
La tentation est de maximiser chaque pont. En pratique, quelques précautions évitent les déconvenues. L’employeur garde le pouvoir de fixer l’ordre des départs en congés et peut refuser une demande si l’activité l’exige. Anticiper de plusieurs mois reste la meilleure stratégie.
Pensez aussi à l’articulation entre congés payés et RTT. Poser un RTT sur un jour de pont coûte moins cher en solde de congés, puisque les RTT ne réduisent pas votre capital de 30 jours ouvrables annuels. Gardez vos congés payés pour les vraies semaines de vacances, et utilisez vos RTT pour les jours isolés.
Un dernier point souvent négligé : si vous tombez malade pendant vos congés payés, vous pouvez désormais récupérer les jours de congé qui ont coïncidé avec l’arrêt maladie, à condition de fournir un certificat médical à votre employeur dans les délais habituels. Ce mécanisme, clarifié récemment, évite de perdre des jours de repos pour cause de maladie survenue en plein été.

