On débarque chez Derichebourg avec un coffre plein de cuivre dénudé, et on repart avec un prix qui n’a rien à voir avec celui affiché sur le LME la veille. Le décalage entre le cours mondial et le tarif de rachat au comptoir est la première chose à comprendre avant de vendre ses métaux en 2026.
Écart entre cours LME et prix de rachat Derichebourg : ce qui explique la différence
Le cuivre a atteint 14 527,50 dollars la tonne en séance intraday sur le London Metal Exchange le 29 janvier 2026. Au 17 avril, le spot cash cotait encore 13 149 dollars la tonne. Sur un an, le métal rouge affiche plus de 26 % de hausse.
Chez un ferrailleur, le prix au kilo ne suit pas cette courbe en temps réel. Le cours s’agite, le rachat dort : c’est le constat récurrent des vendeurs en 2026. Derichebourg, comme tout opérateur de recyclage, applique une décote qui couvre le transport, le tri, la refonte et sa marge commerciale.
Le « prix ferraille Derichebourg aujourd’hui » n’est pas un cours unique national. C’est une valeur commerciale qui varie selon le site, la catégorie de métal et le volume apporté. Deux agences Derichebourg distantes de cent kilomètres peuvent afficher des écarts sensibles sur le même grade de cuivre.

Derichebourg et Scholz Recycling : pourquoi le rachat de 2026 change la donne pour les vendeurs
Derichebourg a finalisé l’acquisition du groupe allemand Scholz Recycling, validée par la Commission européenne et effective depuis l’été 2026. L’opération, rapportée par Les Echos et SteelOrbis, donne au groupe français une envergure européenne inédite dans le recyclage des métaux ferreux et non ferreux.
Pour un vendeur de ferraille, cette fusion a des conséquences concrètes. Plus de débouchés industriels signifie des prix de rachat potentiellement plus stables, même quand les cours mondiaux fluctuent. Scholz apporte un réseau de sites en Allemagne et en Europe centrale, ce qui élargit les capacités de reprise du groupe.
Les retours varient sur ce point selon les régions, mais plusieurs ferrailleurs indépendants observent que les grands groupes comme Derichebourg peuvent maintenir des tarifs fermes sur le cuivre et l’acier là où des opérateurs plus petits ajustent à la baisse dès que le LME recule.
Prix du cuivre chez un ferrailleur en 2026 : les grades qui font la différence
On ne vend pas « du cuivre ». On vend un grade précis, et l’écart de prix entre deux catégories peut dépasser plusieurs euros au kilo. Voici les principales distinctions appliquées par les ferrailleurs, Derichebourg inclus :
- Cuivre électrique dénudé rigide rouge : le grade le mieux payé, autour de 10 euros le kilo chez certains repreneurs en juin 2026. Il doit être brillant, sans oxydation, sans vernis, sans gras.
- Cuivre dénudé rigide (pas rouge) ou souple : un cran en dessous, avec un tarif proche de 9 euros le kilo. Aucun vernis, pas d’étamage.
- Cuivre mêlé (tuyaux, bobinage, cosses étamées) : autour de 9 euros le kilo, mais les conditions sont strictes. Sur les tuyaux, tout doit être retiré : colliers, vannes, robinets, raccords. Si ce n’est pas fait, certains repreneurs refusent purement et simplement le lot.
- Câble cuivre électrique non dénudé : le tarif chute à environ 3 euros le kilo. Dénuder avant de vendre multiplie donc le prix par trois, à condition que le cuivre soit propre.
Ces chiffres proviennent de grilles tarifaires de ferrailleurs français publiées en 2026. Chez Derichebourg, les prix ne sont pas systématiquement affichés en ligne : il faut appeler l’agence locale ou s’y rendre.
Dénuder ses câbles : rentable ou pas ?
Sur un petit volume (quelques kilos), le temps passé à dénuder dépasse souvent le gain. Sur un lot conséquent récupéré sur un chantier, dénuder transforme un câble à 3 euros en cuivre souple à 9 euros. Le calcul est vite fait.
Attention : les câbles armés ferrés, avec ou sans plomb, se négocient entre 0,30 et 1,30 euro le kilo. Ce n’est pas le même produit que du câble cuivre classique.

Acier, fonte et ferraille légère : les tarifs ferreux chez Derichebourg
Le cuivre capte l’attention, mais la majorité des volumes traités par Derichebourg reste constituée de ferraille d’acier. Les prix à la tonne pour les ferrailles ferreux se situent bien en dessous des non-ferreux, et les écarts entre grades sont moins spectaculaires.
On distingue généralement :
- Ferraille légère (tôle fine, carrosserie, électroménager vidé) : le grade le moins bien payé, souvent en dessous de la ferraille lourde de plusieurs dizaines d’euros à la tonne.
- Ferraille lourde (poutrelles, pièces massives, acier épais) : mieux valorisée car elle nécessite moins de traitement au broyeur.
- Fonte : un tarif intermédiaire, variable selon qu’il s’agit de fonte grise, de radiateurs en fonte ou de pièces mécaniques.
Le tri sur place conditionne directement le tarif proposé. Mélanger de la ferraille légère avec de la fonte dans une même benne fait baisser le prix moyen de l’ensemble. Séparer les métaux avant de se présenter au comptoir est le levier le plus simple pour améliorer le total.
Préparer sa vente de ferraille chez Derichebourg : contraintes pratiques
Avant de charger la remorque, quelques points à vérifier. Les sites Derichebourg sont des installations classées (ICPE). Ils imposent des règles d’accès : pièce d’identité, justificatif de domicile, et parfois un certificat de non-gage pour les pièces automobiles.
Les horaires d’ouverture varient d’un site à l’autre. Certaines agences n’acceptent les particuliers que sur des créneaux restreints, le reste du temps étant réservé aux professionnels. Appeler avant de se déplacer évite un trajet pour rien.
Le paiement se fait souvent par virement ou chèque au-delà d’un certain montant, conformément à la réglementation sur les transactions en espèces appliquée aux métaux. Les petits apports en dessous de quelques dizaines de kilos ne justifient pas toujours le déplacement, surtout si l’agence est éloignée.
Le marché des ferrailles en 2026 reste porté par la hausse des cours du cuivre et la demande industrielle européenne. Avec l’intégration de Scholz Recycling, Derichebourg renforce son maillage et ses capacités de reprise. Pour le vendeur, la règle reste la même : trier proprement, connaître le grade exact de ce qu’on apporte, et comparer les tarifs entre au moins deux repreneurs locaux avant de vendre.

